La conclusion d’un précédent article relatif à la monétarisation des RTT à l’hôpital, était
que financer "le détricotage" des 35 heures dans les hôpitaux allait être aussi compliqué que leur mise en place.
L’annonce par le président de la République, Nicolas Sarkozy, que tous les fonctionnaires pourraient monétariser les jours
de réduction du temps de travail (RTT) non pris, a déclenché la fièvre dans les hôpitaux, comme il fallait s’y
attendre.
En effet à cette occasion les problèmes, liés notamment aux gardes et aux heures supplémentaires, maintes fois soulevés et toujours pas résolus sont ressurgis brutalement entrainant cette
fièvre chez les urgentistes et les anesthésistes hospitaliers, fièvre que l’on peut supputer contagieuse au sein des personnels.
Des négociations viennent de s’ouvrir au Ministère de la Santé avec les représentants des médecins et des personnels
paramédicaux sur fonds de grève des médecins urgentistes et anesthésistes. Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, reçoit, ce lundi, deux intersyndicales de praticiens des hôpitaux
particulièrement remontés. Mardi, elle enchaîne avec des représentants des infirmières et des aides-soignantes, tout aussi remontées.
L’enjeu des négociations n’est pas mince puisqu’il s’agit du financement, désormais et en
principe à très court terme, de 23 millions d’heures supplémentaires et 3,5 millions de journées de congés non pris du fait du manque notoire d’effectifs, le tout cumulé depuis plusieurs
années par les personnels hospitaliers.
Comme précisé dans l’article précité, c’est au niveau national un montant près du milliard d'euros pour la FHF (Fédération hospitalière de France) qui est aujourd’hui nécessaire pour financer ces jours et heures
cumulées dans les CET (comptes épargne temps) des
personnels. Restera encore à trouver le financement des heures supplémentaires à venir à partir du 1er janvier 2008.
La ministre vient d’indiquer qu’elle dispose de 700 millions d'euros pour tenir la
promesse de Nicolas Sarkozy d'apurer les comptes (voir ci-dessous vidéo du reportage télévisé de l’A2). Ce montant comprend une somme de 324 millions d’euros qui seraient fournis par les
établissements hospitaliers. Ce dernier point laissent perplexes les dits établissements dont le plus grand nombre présentent déjà des déficits budgétaires et sont bien incapables de supporter la
moindre dépense supplémentaire.
Les discussions s’annoncent donc extrêmement difficiles et il est malheureusement à parier que la fièvre ne tombe de sitôt
dans les hôpitaux tant ils sont restés sans traitement adapté face au virus institutionnel et endémique qui les mine depuis trop longtemps.
Peut-être que les états généraux de la santé, prévus en principe pour le 4 février
prochain, afin d’arrêter une nouvelle répartition des soins sur le territoire et d’étudier une réforme de l'organisation et des conditions du travail dans le secteur de la santé, finiront par
apporter des réponses à ce problème…mais dans quels délais ?
nti_bug_fck
Par Insolite85
-
Publié dans : Publications générales
-
1
Derniers Commentaires