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L'informatique et ses métiers ont de l'avenir dans le monde de la santé, si on s'en réfère au Plan Hôpital 2012.

En effet, en février 2007 dans le cadre de ce plan, l'Etat a prévu le déblocage d'une enveloppe de 10 milliards d'euros d'ici 2012 pour mettre en oeuvre un programme de  modernisation du Système d'Information Hospitalier -SIH-
L'objectif premier recherché par les pouvoirs publics est d'aboutir avec cette enveloppe à l'informatisation d'ici cinq ans de l'ensemble des données médicales et administratives des patients.

L'évolution, voire la révision, des SIH des établissements hospitaliers figure donc dans les contrats d'objectifs et de moyens de ces derniers comme une priorité pour les 5 ans à venir. Il s'agit pour les établissements de revoir leur informatique afin de constituer et alimenter un dossier électronique du patient avec les données médicales et administrative le concernant.


Les principaux résultats attendus d'un SIH développé prioritairement à partir des données patient, concernent essentiellement :

- Un meillieur suivi des patients

- L'optimisation des flux : rendez-vous, examens, interventions, soins

- La traçabilité des produits, des équipements et des patients

- La confidentialité des données

- Le zéro papier

- Le partage des informations santé avec l'extérieur (professionnels de santé, organismes administratifs et financeurs...)



Beaucoup d'argent a déjà été dépensé ces dernières années pour développer les SIH des établissements de santé. Pourtant dans ce domaine la France affiche
historiquement un énorme retard, surtout au niveau de la numérisation du dossier médical et de soins.
Par exemple un rapport du Sénat montrait qu'en 2005 seulement 20 à 30% des établissements numérisaient l'image médicale contre 95% en Suède et à peine 15% étaient équipés d'un logiciel d'archivage.


La généralisation du dossier médical personnalisé et l'obligation d'archiver les données numériques étant devenues prioritaires dès 2008, les établissements de santé, publics et privés, se doivent de se doter au plus tôt de systèmes de pilotage informatisés performants.



Il s'agit donc d'en finir avec "le dossier papier" du patient "au pied du lit"
.


Au plus tard en 2012, c'est avec une interface électronique que les professionnels de santé devront alimenter et gérer le dossier du patient. Cette interface peut être un PDA (assistant personnel électronique), un tablet PC, un micro-ordinateur. Des solutions plus intégrées existent comme celle de l'écran tactile communicant multifonction, embarquant à la fois un microprocesseur, des connexions Bluetooth, Wifi, ADSL et RFID, des lecteurs de codes-barres et de cartes à puces.
"Installés dans les chambres et les différents plateaux techniques, branchés sur les prises téléphoniques, ces outils pourraient même remplacer les téléviseurs. Ils seront financés, en partie, par les redevances payées par les patients désireux de bénéficier de la télévision et d'un accès internet", explique Gérard Maurique, le directeur de l'innovation dans les sciences du vivant d'IBM France. Le système fonctionne déjà au Centre Hospitalier d'Arras avec Locatel.

En effet, le Centre Hospitalier d'Arras, établissement pilote dans le domaine, a installé un système informatique intégré en partenariat avec Siemens, comprenant des terminaux multimédias à chacun des lits et 500 bornes Wifi (investissement de 4,2 millions d'euros). Ce système a été inauguré début 2007.L'informatique peut trouver en milieu hospitalier des applications nombreuses et variées, voire inattendues.

Exemple au CHU de Nice où l'une d'entre elles consiste, au service des urgences de l'hôpital Saint Roch, à attacher au poignet des malades un bracelet RFID dès leur arrivée.  L’objectif est de localiser le patient en temps réel à n’importe quel moment et de n’importe quel endroit du service d’urgence de l’hôpital pour permettre de fournir des soins sans délai ou temps d’attente inutiles.


Les 10 milliards d'euros du plan Hôpital 2012 attisent les convoitises des industriels. De nombreuses entreprises sont sur les rangs : IBM, McKersson ou Cerner pour les solutions informatiques, Agfa dans le domaine de l'imagerie et l'ensemble des grands équipementiers, tels GE, Siemens, Toshiba ou Philips. Un français, Medasys, tire son épingle du jeu. Le marché touche à la fois aux infrastructures informatiques et aux réseaux nécessaires.

Pour les établissements hospitaliers déjà avancés dans l'informatisation de leur gestion administrative et de certains services de soins et de plateau technique (imagerie médicale par exemple), la problématique consiste à organiser l'intégration des différentes "briques" et, si besoin, d'apporter les compléments permettant la centralisation des données afin qu'elles deviennent accessibles "par tous et partout".

Quelques normes existent pour faciliter cette approche. En matière d'intégration des données, la norme américaine HL7 a été déclinée en Europe en IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) et des passerelles sont développées avec la norme Dicom (Digital Imaging and Communications in Medicine) de l'imagerie médicale.
Les infrastructures réseau, indispensables pour l'accès sécurisé en tout lieu de l'hôpital aux systèmes d'information, sont principalement basées sur le protocole internet IP et sur la norme Wi-Fi 802.11 PG, adaptée au monde scientifique et médical.

L'autre approche pour les établissements consiste à opter pour un système d'information hospitalier complet (l'équivalent des progiciels de gestion intégré PGI ou ERP dans l'entreprise) parmi ceux qui existent sur le marché.


En 2007 déjà le marché des Systèmes d'Information hospitalier -SIH- a représenté 200 millions d'euros, dont 66% dépensés par les hôpitaux publics.
Le budget total de l'informatique (logiciels, infrastructures...) des établissements de soins a été de 1,3 milliard d'euros en 2006.

Avec le Plan Hôpital 2012 l'ensemble de ces dépenses d'investissement et des budgets d'exploitation des SIH devraient donc évoluer sensiblement pour les années à venir. Cependant, là comme ailleurs, cette évolution suppose que les engagements financiers pris par l'Etat soient réellement tenus jusqu'en 2012...






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Jeu 13 mar 2008 4 commentaires
Un plan qui ne serait vraiment pas un luxe ! Dans mon hôpital de campagne, une petite centaine de lit, l'informatisation ne dépasse pas le secrétariat médical !...
Blogus - le 13/03/2008 à 19h54
Bonjour Blogus :)
Malheureusement pour eux, les hopitaux locaux ne sont que très peu concernés par Hôpital 2012.
Les financements sont essentiellement prévus pour les SIH des établissements court séjour de MCO (Médecine, Chirurgie, Obstétrique). Les hôpitaux locaux dotés d'un SIH sont quasi inexistants, ils disposent au mieux d'une informatisation des tâches pour quelques services, en général les tâches administratives.
insolite85 - le 14/03/2008 à 08h38
il faudrait une vraie politique de la santé et cesser de fermer tant d'hopitaux, dans les petites villes bientôt il ne restera plu d'équipement médicaux, j'e cess de râler sinon je vais te remplir ton blog. 
bonne soirée
chevalier - le 15/03/2008 à 00h06
salut insolite85. Interessant son article car je suis actuellement en phase de reflexion: après un bilan d'orientation, un stage d'observation dans une SSII, des contacts suivis avec la fac pour effectuer un DUT informatique en 1 an, j'hésite à me lancer dans ce secteur par peur des réels debouchés. Tu m'as donné du grain à moudre et une piste d'enquête métier.. Si t'as d'autres infos, n'hésites pas !
sportif_imbecile - le 09/03/2009 à 10h43
@sport_imbecile
Bonjour à toi. Tiens va voir là pour des infos pour ton enquëte métier :
Responsable d'applications hospitalières
Fouine sur le site, à voir aussi les métiers touchant aux appareils biomédicaux (maintenance, responsable ingénieur biomédical)... et bonne pioche dans tes recherches
 
Insolite85