La Commission Européenne a
adopté mardi 15 juillet un programme d'aide d'urgence pour le secteur de la pêche durement touché, particulièrement par la hausse des prix du carburant. Ce plan d'aide est conséquent puisqu'il
pourrait atteindre les deux milliards d'euros pour les années à venir.
Aides aux pêcheurs pour des soutiens d'urgence oui, mais surtout aides à la restructuration à terme de la pêche en Europe pour adapter la profession à la flambée des prix du pétrole.
La déclaration ci-après de Joe Borg, commissaire européen en charge de la Pêche et des Affaires
maritimes, ne laisse aucun doute à propos des objectifs de ce nouveau plan d'aide,
"La flotte européenne est encore trop importante. De nombreux secteurs continuent à gaspiller du carburant et pratiquent une pêche intensive. J'espère que les mesures prises ce jour ne feront
pas que soulager momentanément les pêcheurs mais qu'elles permettront de poser les bases d'une flotte efficace dans le futur".
C'est clair, la priorité est la diminution du nombre de professionnels de la pêche d'une part, et l'adaptation de l'armement à la nouvelle donne du pétrole d'autre part, avec des bâteaux
consommateurs de moins de carburant. C'est aussi pourquoi les "aides d'urgence" aux pêcheurs qui restent temporairement à quai, pendant une période maximale de trois mois, pour couvrir
leurs frais d'équipage et leurs coûts fixes, ne doivent intervenir que dans le cadre d'un plan de restructuration.
De même, l'assouplissement de l'utilisation par les Etats membres des fonds européens dédiés à l'aide à la pêche pour les "pré-retraites", dont le champ est élargi, va dans le même
sens.
Par ailleurs il faut noter dans le cadre des intentions de la Commission Européenne, celle
d'aider les pêcheurs auprès des intermédiaires et distributeurs pour obtenir des prix plus élevés pour leurs captures.
Ce plan a été établi par le commissaire européen pour la pêche Joe Borg sous la pression
des Etats membres ayant dû faire face aux manifestations de pêcheurs en colère en mai et juin contre la flambée des prix du gazole pour les chalutiers. Ces manifestations avaient débuté aux
Sables d'Olonne par le blocage du port et s'étaient ensuite étendues à plusieurs pays européens.
Le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, a dû
peser de tout son poids pour l'imposer à ses services, nombre de ses collègues commissaires étant réticents à dégager de nouvelles subventions pour le secteur de la pêche.
Bien entendu la France, dont le gouvernement s'est depuis longtemps plaint de l'inaction de Bruxelles face à la crise dans ce secteur, frappé de plein fouet par l'augmentation de 240% du prix du
gazole pour les chalutiers depuis 2002, avec plus de 70 centimes d'euro le litre actuellement, a apporté tout son appui à José Manuel Barroso.
Si le secteur de la pêche a de quoi se montrer somme toute satisfait de ce plan, pour autant il n'a pas fait l'unanimité des Etats membres européens, puisque lors de son vote, trois des 27 pays de
l'Union Européenne se sont prononcés contre, l'Autriche, la Suède et le Danemark, et quatre se sont abstenus.
L'augmentation des quotas de pêche déclenche en toute logique des critiques sévères des associations écologiques à l'égard de cette mesure du plan adopté par la Commission
Européenne. Elles estiment que la grande priorité est la réduction des bateaux de pêche, qui devrait être accélérée, car l'armement est bien trop important d'après elles par rapport aux réserves
de poissons existantes.
Restent les réactions des premiers concernés, les pêcheurs et les
professionnels de la pêche, en particulier à l'égard de la disparition programmée de bon nombre d'entre eux, sachant toutefois qu'ils s'attendaient à ce type de mesure touchant à la
diminution de la flotte. Leur appréciation de l'application dans le temps des mesures d'accompagnement à leur reconversion, à leur départ à la retraite, à l'acquisition de nouveaux bateaux et à
la destruction des anciens, vont à n'en pas douter dicter ces réactions...
Bien évidemment, en conclusion il faut s'attendre dans un tel contexte à de nouvelles hausses conséquentes du poisson pour les consommateurs...
Ci-dessous le port de pêche des Sables
d'Olonne avec de moins en moins de bateaux de pêche et des emplacements affectés...à des bateaux de plaisance !
Par Insolite85
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Publié dans : Les Sables d'Olonne
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comme toujours, ton article est bien documenté, le poisson est devenu hélas un produit de luxe. en allant au marché à l'aiguillon, j'ai été éffaré du prix élevé ,même sur du poisson habituellement encore bon marché. je me demande si je ne vais pas être obligé de cesser de manger du poisson! un comble lorsque l'on vit à proximité de la côte. je fais donc retourner à la pêche en espérant en pêcher!!
bonne soirée
le poisson coute plus cher que la viande
avant j'en mangeais deux fois par semaine , une seule fois maintenant
bonne journée