Paysdesolonnes85




Après avoir fait l’objet d’une enquête d’utilité publique, le projet de l’implantation d’une porcherie industrielle pour atelier de naissage à Poiroux (Vendée), doit être soumis au Comité Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques, le CODEREST.

Devant le risque évident de pollution par le lisier, notamment des cours d’eau, des marais d’Olonne, des parcs ostréicoles et des plages du littoral, un collectif s’est constitué pour informer la population des dangers encourus et s’opposer à ce projet.
Le collectif résulte d’un panel d’adhésions plurielles, de riverains, d’associations nature, d’associations citoyennes, politiques et parmi les actions envisagées par lui, sont prévues des courriers au Préfet de Vendée, l'organisation d’une conférence avec notamment la participation du Pr. Lesne (dans la semaine du 15 au 20 février), des conférences de presse…

L’opposition à ce projet s’appuie sur les observations et les arguments ci-après :


Projet


Situation géographique :
Poiroux : site de Production et d’épandage de lisier

Grosbreuil : épandage de lisier

Talmont-Saint-Hilaire : épandage de lisier

Girouard, Nieul le Dolent, St Avaugourd des Landes (à moins de 3 km du site)


Elevage :
- 2 823 animaux équivalents : 890 truies, 50 cochettes, 5 verrats soit 22 648 porcelets /an.

- 440 porcelets /semaines envoyés vers les élevages associés.

- Bâtiments de 4 261 m²

- Elevage sur caillebotis
- Fosse de stockage capacité totale 4 962 m3 pour 5 213 m3 de lisier  produit
- 13 703 unités de nitrates et 10 395 en phosphore épandues sur  231.47 ha

- le forage de l’exploitation est à 51.90 mg de nitrate par litre (déjà en saturation, il faudrait réduire les apports d’azote)

- alimentation en eau par le service d’eau

Départ de 7 sources dans les trois kilomètres dont :
La Vertonne et ses affluents qui vont en direction du marais des Olonnes (environ 500 mètres du site). Le Gay Chatenay et ses affluents, Ruisseau de la Berthomelière, Ruisseau du Bois Jaulin qui vont en direction de l’estuaire de la Guittière.


Niveau d’emploi faible : 4 salariés


Les objections et les doutes sur le projet

- Consommation d’eau potable importante (5 800 m3) dans un secteur côtier souvent en restriction estivale.
- La porcherie industrielle est située sur un plateau à 67 m d’altitude.
- Si le bassin de Finfarine est préservé dans ce projet, les sources de la Vertonne, du Gay Chatenay se déversant respectivement dans les Marais de l’Ile d’Olonne et dans la zone ostréicole de la Guitière sont directement concernées, l’un des affluents de la Vertonne partant de la cour de la ferme du Village du Bois.
- Si on se réfère au SDAGE, la Vertonne est classée en mauvaise qualité pour les matières organiques oxydable, matières azotées et nitrate, ainsi que de "qualité médiocre" pour le phosphore. Il paraît difficile de respecter la directive européenne sur l’eau si l’on rejette des effluents (lisiers) à la source même des ruisseaux. Les algues vertes bien connues dans la région bretonne seront vite à l’ordre du jour en Vendée.
- L’épandage des lisiers sur des terres limono argileuses très hydromorphes, donc humides une bonne partie de l’année, et qui sont classées inaptes à l’épandage. Cela représente  une majorité des terres de la Ker Adèle, Bois Groland, la Godetière. Certaines parcelles longeant les ruisseaux ont des pentes supérieures à 20 %.
- L’engrais vert qui doit être installé après les cultures de maïs grain, aura beaucoup de peine à être efficace pour un blocage de l’azote puisque très souvent implanté trop tard (battage du maïs en novembre, implantation du couvet en octobre).
- Les épandages, même s’ils respectent les dates réglementaires, ont de fortes chances en début de printemps d’être lessivés une année sur deux par des pluies importantes (le sol n’étant que très rarement ressuyé à cette époque).
- L’enfouissement dans les 24 heures reste aussi aléatoire pour une telle quantité de lisier (le lisier étant plus rapidement épandu qu’enfoui). Les nuisances olfactives seront donc à supporter pour les riverains de la Lièvre et du Moulin des Landes.
- Sur le site même, le taux de nitrates dans le forage de la ferme est de 51.90 mg /l.
- Les transports des aliments venant de chez Sanders, ainsi que les transports des porcelets toutes les semaines occasionneront du gaz à effet de serre (ce qui va à l’encontre du Grenelle de l’environnement).
- Le transport important de lisiers du site Le Village du Bois vers La Gillerie (10 Km ) occasionnera les mêmes nuisances (gaz à effet de serre). La Vertonne se trouve donc coupée en 4 endroits. Environ 1/3  du lisier produit passera par la route étroite de Poiroux-Grosbreuil, et pourra donc occasionner des accidents devant traverser le bourg de Grosbreuil.
- Les 2/3 restants  doivent emprunter la départementale sur 2 km, traversant la Vertonne et ses affluents par 3 fois.
- Nous savons aussi comment et où la grippe porcine (H1 N1) a démarré (porcherie industrielle au Mexique). Ce genre d’élevage intensif, même si les conditions sanitaires sont meilleures, peut être très préoccupant au moindre écart.


Aspect économique

Tout le travail touristique mis en place dans les régions rétro-littorales et littorales perdra de sa  valeur ainsi que l’immobilier et le foncier pour un projet qui ne relève pas de l’intérêt général.

Ce projet industriel ne s’inscrit pas dans un développement durable si on en étudie le triptyque : Enjeux sociaux, financiers et environnementaux.


Avis des communes

Les trois communes directement concernées : Poiroux, Grosbreuil, Talmont-Saint-Hilaire se sont prononcées CONTRE ce projet.
Les trois autres communes à plus de trois kilomètres ont pour une (Nieul Le Dolent) émis des réserves et les deux autres (Girouard et Saint Avaugourd des Landes) votés OUI  sans être véritablement concernées.


Pour rejoindre le collectif


Contacter Alain Legal de l’APNO par email
alain.legal@wanadoo.fr ou au tél : 02 51 33 11 96.
Possibilité également de s’adresser aux associations de défense de l’environnement qui participent au collectif.


Conférence sur les risques et méfaits potentiels du projet

Elle se tiendra à la salle municipale de Grosbreuil le vendredi 19 février 2010 à 20h15 avec la participation et interventions de :
 
   -  Claude Lesné, maître de recherches en santé publique au CNRS. 
   -  Miguel Garcia de l'association Eaux et rivières de Bretagne




Dim 31 jan 2010 6 commentaires
Quand on voit les dégâts provoqués notamment sur les plages (algues vertes) par la production intensive de porc en Bretagne, on ne peut effectivement qu'être contre ce projet de porcherie.
Bonne fin de dimanche,
Marie-France - le 31/01/2010 à 18h30
@Marie-France
TMB à Château d'Olonne + porcherie industrielle à Poiroux + épandage de lisier = risques majeurs de pollution des sols, eaux, rivières et plages du rétro littoral et littoral de la région avec danger pour la santé publique...Bravo nos décideurs !!!
Insolite85
C'est bien de voir qu'il y a des gens qui se mobilisent !!!
Bisous. 
Silvia - le 31/01/2010 à 23h48
Bonjour mon ami
Ce genre d'élevage est une horreur absolue mais il est bien possible que les aspects économique sans parler des relations de copinage ne l'impose à la région. Pourquoi ne pas exiger, si l'on n'arrive pas à l'interdire, que cette exploitation soit liée avec une centrale de production de biogaz. Les fameux lisiers perdent une grande partie de leur toxicité écologique après avoir produit du méthane dans les cuves prévues à cet effet et les déchets sont secs, ils peuvent etre vendus comme engrais en sac. On peut avec ce méthane produire de l'électricité et un sous-produit : la chaleur qui peut servir à chauffer l'exploitation, voire en fonction de la proximité des habitations alentours. Le problème de l'odeur est aussi résolu par cette solution, les réservoirs recueillant le lisier se devant pour gagner le gaz d'etre complètement hermétique. Un plus au niveau de l'emploi, de l'environnement et du CO2 pourrait donc etre réalisé si la construction de l'élevage devenait incontournable.
Amitié
Et bonne journée.

ps ceci n'est que matière à reflexion, pas une solution mais j'y suis sensible, le plus grand élevage européen de porcs est prévu sur le terrain d'un aéroport désaffecté non loin de chez moi (30 km tout de meme)

Une autre solution : ne plus manger de porc.
Thierry Benquey - le 02/02/2010 à 09h42
@Thierry Benquey
Comme à l'habitude, tes commentaires au contenu judicieux apportent une plus-value au sujet traité par l'article. C'est encore le cas ici où la solution que tu préconise serait effectivement le moindre mal...le mieux restant cependant que cet "élevage" industriel et intensif ne voit pas le jour ni ici, ni ailleurs...
Amitiés et bon Weekend
Insolite85
merci pour cet excellent exposé
Alsace-Nature a crée un petit livret sur ce type d'élevage : nous et les cochons

polluer moins..?. moins d'élévage concentrationnaires?  ,  les animaux élevés aux granulés "sanders" tiennent à peine sur leurs pattes ...et sont piqués au maximum pour gonfler et grossir ....
repenser l'élevage  de proximité  raisonnable ...avec nuisances moindres, meilleure viande ..moins toxique..plus chère peut-^tre .
.mais ce type   d'élevage demande une volonté "politique " économique
sommes nous demandeurs ?,
évidemment si les touristes fuient nos plages ...ce sera plus  immédiatement lisibe que toutes les questions posées ci dessus ou de savoir ce que nous laisserons à nos mômes .... n'est ce pas !
Guyot martine - le 04/02/2010 à 16h59
D'accord avec toi!!!

bonsoir,
la photo de ta communauté n'apparait plus sur les blogs!
J'ai eu le même problème avec mes communautés!
Alors j'ai changé la photo par une autre, ensuite je l'ai remise et ça marche!
Fancri - le 04/02/2010 à 19h30
@Fancri
Fait pour l'avatar de la communauté et ça marche !
Merci pour le tuyau et pour le commentaire
Bon weekend
Insolite85
Pas d'algues vertes sur nos plages!!!!
Fancri - le 23/02/2010 à 11h59